jeudi, août 24, 2006

le Hezbollah veux conserver le controle

L'aide du Hezbollah concurrence l'Etat

En finançant la reconstruction du pays, le Hezbollah veut garder son emprise sur la communauté chiite libanaise. Des voix dissidentes se font néanmoins entendre au Liban


Une photo d'Hassan Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah, devant une échope détruite par les bombardements israéliens dans le sud de Beyrouth. Nasrallah s'est engagé à dédommager les victimes de la guerre (Photo Amro/AFP).

Le premier ministre libanais Fouad Siniora a rendu public mercredi 23 août son plan pour l’indemnisation des sinistrés. Cette annonce, si elle participe de la volonté du gouvernement de réinstaurer l’autorité de l’État sur tout le territoire, est arrivée cependant plus d’une semaine après la fin des hostilités entre Israël et le Hezbollah, le 14 août.

Le « parti de Dieu » (Hizb Allah) s’est empressé d’exploiter ce délai à son avantage. Son secrétaire général Hassan Nasrallah s’est engagé, dès le lendemain du cessez-le-feu, à dédommager les victimes de la guerre, estimant à 15 000 le nombre d’unités d’habitations détruites au cours des trente-quatre jours de guerre. Des familles ayant perdu leur habitation ont déjà commencé à recevoir une somme de 12 000 dollars (9 300 euros) en liquide pour se reloger pendant un an.

Le parti aurait-il à sa disposition 180 millions de dollars, somme correspondant au cumul de ses engagements ? « Nous avons beaucoup de moyens, explique à La Croix un de ses députés, Hussein Hajj Hassan. Nous pouvons compter sur la solidarité et la “zakat” (l’impôt religieux, l’un des cinq piliers de l’islam en tant qu’aumône) ».

L'argent du Hezbollah viendrait-il de l'Iran ?

Cet argent ne viendrait-il pas plutôt d’Iran ? « Si l’Iran paye, est-ce un crime ?, s’insurge Hussein Hajj Hassan : Nous recevons de l’argent de Libanais, d’associations civiles iraniennes, d’individus, pas de l’État iranien. Ce dernier doit aider l’État libanais. Les pays européens et arabes aussi doivent payer, c’est leur devoir car ils n’ont pas réussi à faire arrêter la guerre. Le crime, c’est de ne pas payer. »

Une organisation humanitaire du Hezbollah qui se consacre à la reconstruction, le Jihad Al-Bina, a donné mardi 22 août la marche à suivre aux Libanais qui ont subi des destructions : « Après le paiement à ceux qui ont perdu entièrement leur habitation d’une aide urgente pour qu’ils puissent se reloger, indique-t-il dans un communiqué, le Jihad Al-Bina demande aux honorables citoyens qui veulent entamer tout de suite les réparations de leurs domiciles, de constituer au préalable, avec l’aide des municipalités, des dossiers sur le coût des travaux. Il faut répertorier l’état des lieux avec photos ou vidéo à l’appui, que ce soit une habitation ou un commerce, ce qui facilitera le paiement des compensations. »

Le Hezbollah précise le déroulé des démarches : obtenir un document du maire de la localité attestant les dégâts, y joindre un rapport de l’ingénieur civil, de l’architecte ou du contremaître sur le coût des travaux, conserver les factures des réparations.

Le Hezbollah contrôle une soixantaine des 230 municipalités du Liban sud, notamment dans les zones les plus affectées par les bombardements israéliens. En prenant de vitesse le gouvernement sur le terrain de la reconstruction, et sortant du conflit grandement renforcé sur le plan politique, il réaffirme sa mainmise sur la communauté chiite et prouve qu’il n’est pas disposé à abandonner ses prérogatives sur celle-ci.

Les chiites indépendants "marginalisés"
Lire l'article dans la croix

2 commentaires:

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